LE PERVERS NARCISSIQUE REND L’AUTRE FOU, C’EST POURQUOI IL S’AGIT DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, ET DE FUIR POUR ÉCHAPPER AUX INTERACTIONS.

LE PERVERS NARCISSIQUE REND L’AUTRE FOU, C’EST POURQUOI IL S’AGIT DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, ET DE FUIR POUR ÉCHAPPER AUX INTERACTIONS.

« Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleurs ou contradictions internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance.»
(Paul-Claude Racamier « Les perversions narcissiques »)

De l’extérieur, le pervers narcissique semble absolument « normal », sans aucun signe de « maladie mentale » : une personne parfaitement intégrée socialement et professionnellement, souvent charmante et agréable, qui se comporte et s’exprime sans qu’il y ait matière à s’étonner.

Pour l’entourage, même proche, il est quasiment impossible de déceler le trouble du PN.
Séducteur et charmant dès qu’il se retrouve en public, il l’est aussi avec sa victime le temps de la « lune de miel ».
Or, dès que cette période est révolue, que sa proie ne lui renvoie plus une image aussi parfaite de lui-même, qu’elle le contrarie, ou ose remettre en question ses « règles », le visage du manipulateur se transforme.
Incapable de supporter la moindre frustration, il devient alors sombre et dénigrant.
Toujours à huis clos.
Sa capacité à alterner rapidement ses deux visages est extrêmement déstabilisante pour la proie qui vit sur des montagnes russes.

Le PN s’entoure d’une cour qui lui est tout acquise, et dont les courtisans complices ou crédules, banalisent toutes les transgressions du toxique (voir article du 28 avril 2016).
La proie se retrouve coupée des seules personnes capables de voir clair dans le jeu du manipulateur : ce dernier s’arrange en effet pour éloigner les personnalités sincères et clairvoyantes de leur entourage.
Ceux qui demeurent ne peuvent donc imaginer que l’affableDocteur Jekyll puisse devenir un Mister Hyde lorsqu’il n’y a plus de témoins.
S’il se montre irrespectueux avec sa proie en public, le PN s’arrange toujours pour garder le « beau rôle » et camoufle ses dénigrements sous un humour limite.
L’épisode est alors banalisé, et balayé d’un revers de main par ceux qui demeurent dans le sillage de cette personnalité au fonctionnement malade.

RAPPEL :
C’est la MULTIPLICATION des comportements délétères, et l’ACCUMULATION des micro-agressions, qui montre qu’il s’agit d’un fonctionnement pervers, et non d’un acte isolé.
Le manipulateur pathologique n’a aucune conscience de son trouble.
La personnalité narcissique malveillante MANIPULE ET DÉTRUIT COMME ELLE RESPIRE.
Sans empathie, elle fait souffrir l’autre sans s’émouvoir, et dans le cas de la personnalité narcissique ET perverse, la souffrnace infligée lui permet de se sentir exister et d’en JOUIR.

EXEMPLES de situations susceptibles de “rendre l’autre fou” :

1/

Sophie qui s’interroge sur la fidèlité de son mari Hervé depuis des années, et se fait taxer de « folle jalouse » par le manipulateur dès qu’elle lui fait part de ses doutes.
Conditionnée à culpabiliser, Sophie finit toujours par s’excuser, et à promettre de ne plus importuner son compagnon qui prend des airs outragés.
Après ces épisodes, Hervé abuse de la gêne qu’il a réussi à provoquer chez sa femme, et il lui fait payer l’insolence de l’avoir soupçonné. Il profite de son embarras pour lui imposer des comportements abusifs, et des pratiques sexuelles qu’elle n’apprécie pas.

Hervé « punit » sa femme de ne pas le voir « parfait », à l’instar de l’image infaillible qu’il veut avoir de lui-même.

Hervé est un homme malveillant qui n’hésite jamais à pointer les défaillances « des autres », et à se poser en référent du bien, du mal, et de la vérité.

Ainsi, lorsque Sophie, le prend en flagrant délit avec une autre, il ne reconnaît aucune erreur, et accuse sa femme d’être responsable de sa tromperie ! La faute est projetée sur Sophie.
Elle est accusée « de ne pas être assez douce et gentille », « de ne pas le satisfaire sexuellement », « de l’avoir poussé à la tromper »…

Hervé utilise massivement ses mécanismes de défense pour demeurer « irréprochable » à ses propres yeux.
Il « ne peut » se voir tel qu’il est : fourbe, menteur, lâche, pervers, brutal, irrespectueux, maltraitant… (la liste est encore longue).
Il INVERSE la situation, et projette sur Sophie ses défauts, pulsions, désirs… qu’il ne peut reconnaître.
Hervé attribue à Sophie ses propres caractéristiques. (IDENTIFICATION PROJECTIVE)

Sophie arrive en consultation déboussolée : elle est en proie à un doute épuisant, et à la confusion la plus profonde.
Sophie a fini par CROIRE RÉELLEMENT qu’elle est responsable du dysfonctionnement du couple.
Elle a perdu son libre arbitre et sa capacité à réfléchir avec clairvoyance.
Sous EMPRISE depuis de nombreuses années, elle a fini par assimiler les élucubrations d’Hervé comme étant la RÉALITÉ.
Sophie a été CONDITIONNÉE par le pervers narcissique à ne plus avoir aucun jugement critique, ni réactions affectives appropriées.
Sophie est victime de DÉCERVELAGE.
En intéragissant plusieurs années avec ce mari pervers, Sophie a été contaminée par le système.

2/

Cécile 45 ans, dont le père Roger, est un pervers narcissique accompli de 70 ans, est l’ainée des quatres enfants adultes de Roger.
Elle a osé s’élever contre son père qui a détruit ses deux épouses et manipulé ses enfants et son entourage depuis toujours.
La famille de Roger sait désormais “qui” il est.
Son trouble est flagrant depuis qu’il ne peut plus s’appuyer sur une excellente situation professionnelle, et un pouvoir matériel certain, pour faire ILLUSION.

Sa cour est désormais constituée de personnes sur lesquelles il n’aurait jamais daigné baisser les yeux auparavant : ses “amis fidèles” ont disparu, et l’entourage, autrefois flamboyant, est devenu la “cour des miracles”.
Cécile a osé s’opposer à son père, dénoncer ses comportements pervers, et couper les ponts.
La rebellion de Cécile est insupportable pour Roger.
Il a toujours considéré ses femmes et ses enfants comme des POSSESSIONS qui lui devaient soumission et respect. (Sans envisager une seconde, que la réciprocité en matière de respect puisse exister…).
Cécile qui lui renvoie une image désastreuse (mais réaliste…) de lui-même, suscite une haine qu’il ne contient plus.
Il lui envoie un SMS :

“Je te savais malade, mais pas à ce point. Tu m’accuses de tous les maux qui sont les tiens. Change de psy. Tu es née conne et tu mourras conne, détestée de tout le monde y compris de tes enfants.”

Ce délicat message (…) qui illustre à peu près tous les mécanismes pervers (transgression, clivage, déni, projection, disqualification, culpabilisation, menace…) est une INVERSION totale de la réalité, puisque c’est bien Roger et non Cécile, qui a un trouble de la personnalité, et qui a fait le vide autour de lui!

Si Cécile n’avait pas travaillé sur la “reprogrammation”, qui lui a permis d’apprendre à se mettre au coeur de sa vie, à gagner en confiance, en estime et en affirmation, elle n’aurait pas été capable d’appréhender cet épisode avec autant de distance.
Elle n’aurait pas perçu la manipulation inouie derrière ce message haineux, et aurait été déstabilisée, blessée, voire anéantie, par les mots d’un père qui lui a servi de reférent toute son enfance…

CONCLUSION :

Capable de nier la réalité face à une preuve irréfutable, le pervers est un tyran faux et destructeur, qui bafoue toutes les règles que les personnes seulement névrosées se posent en général.
Jouissant d’un pouvoir démesuré sur celui ou celle qu’il parvient à mettre sous emprise, le manipulateur s’acharne à emmêler la pensée de sa victime dans un fatras de considérations folles.
Brouiller la communication, en s’attachant à la forme (et pas au fond), trouver des parades pour faire dévier la conversation sur des considérations affectives (“tu vois , tu ne maimes pas”), évoquer un autre sujet qui n’a rien à voir, tourner les talons, refuser le dialogue (en arguant “que ce n’est pas le moment”, “pas la priorité”…), regarder ailleurs en chantonnant…etc, autant de tactiques verbales et non verbales (communication perverse), qui permettent au manipulateur destructeur de ne JAMAIS faire face à ses comportements inacceptables.
Il en est incapable.
Ses mécanismes de défenses, contribuent à le maintenir dans un état limite, invisible de l’extérieur, et cependant très proche de la folie.
Pour le pervers, l’Autre n’est qu’un OBJET (d’abord miroir/faire-valoir, puis poubelle psychique/paillasson/bouc-émissaire) qui n’a pas d’identité propre.
Cet objet n’est intéressant que tant qu’il est UTILE.
Pour le maintenir dans un état de SOUMISSION, le pervers utilise des mécanismes qui progressivement coupent sa victime de la REALITÉ.
Elle n’a plus conscience de ce qui est juste ou pas, bon ou mauvais pour elle.

Les intéractions avec un PN entraînent donc la proie dans une spirale infernale où elle croit devenir folle.
Si elle ne sombre pas dans un état de sidération inquiétant, elle peut basculer dans la violence qu’elle dirige contre son bourreau ou contre elle-même.
(Ce qui permet au manipulateur de prouver sa “fragilité psychologique”.)

Noyée dans un système dans lequel elle intéragit EN RAISON DE SES PROPRES FAILLES, elle ne parvient pas « à lâcher », et à échapper à la relation.
Elle y demeure, entre colère, confusion, tristesse et ruminations, essayant de se convaincre ponctuellement qu’elle « se fait des idées ».

INSIDIEUSEMENT PLONGÉE DANS UN ÉTAT QUASI SCHIZOPHRÉNIQUE , LA VICTIME DU PN SE RETROUVE PORTEUSE DE SA FOLIE.

Racamier (Psychiatre psychanalyste, “Les perversions narcissiques”) est le premier à avoir dit : “cette pathologie est chez l’un, mais s’exprime chez l’autre”.

A l’instar de Cécile qui appris à se faire confiance, et à rejeter les manoeuvres malsaines de son père, il est utile de travailler sur ses FAILLES lorsqu’on a vécu une relation avec un manipulateur malveillant.

Que ce soit un parent ou un conjoint.

Les blessures d’enfance font le lit de la relation perverse, et il est INDISPENSABLE de se remettre en question et d’envisager un travail sur soi, lorsqu’on a intéragi avec un pervers.
Il est d’ailleurs courant que le schéma relationnel délétère se répète lorsque la victime ne prend pas conscience du caractère extrèmement malsain de ce qu’elle vit, ou a vécu.

Accepter qu’on ait pu prendre part à la folie du fonctionnement pervers, afin de pouvoir s’en extirper de la manière la plus consciente possible, est la clé de la libération.
Continuer à intéragir dans des relations toxiques et perverses, lorsqu’on les a identifiées comme telles, signifie donc être responsable de son propre malheur.
En effet, une personnalité perverse ne change pas (il s’agit d’une structure et non d’un trait de caractère), et c’est à celui qui a accepté ce fonctionnement un temps, de se remettre en question.
La victime, généralement seulement névrosée, est capable de ce travail d’introspection… même s’il faut beaucoup de courage et d’intelligence pour entreprendre cette démarche libératoire.

Le processus, largement facilité par un accompagnement en séance, permet aux anciennes victimes de clarifier leur situation, d’identifier leurs forces et leur fragilités, et de travailler sur une sorte de résurrection.
Petit à petit la victime sort de la prison psychique dans laquelle elle a été enfermée, et échappe à l’ingrat statut de victime/complice, pour redevenir elle-même.

Dans le cas d’une relation perverse, le travail d’accompagnement doit être adapté à cette problématique spécifique.

C’est ce que je propose, en associant une approche psychanalytique et un processus dynamique de coaching.
Si à moyen terme, l’objectif est une véritable renaissance, à court terme, (dès les premières séances) la personne accompagnée ressent un mieux-être précieux au quotidien.

« Si la folie existe plus qu’on ne veut bien le croire ou le dire, si elle se dérobe au discernement sous de fausses apparences de normalité, il est néanmoins possible de la repérer, de s’en protéger, et de s’en dégager ».
(Saverio Tomasella « La folie Cachée »)

 

 

PAR CELINE VALENTIN

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