QU’EST CE QUE L’EMPRISE ? -Comment se met-elle en place? -Comment fonctionne-t-elle? -Comment y échapper?

QU’EST CE QUE L’EMPRISE ?
-Comment se met-elle en place?
-Comment fonctionne-t-elle?
-Comment y échapper?

L’EMPRISE désigne à la fois la DOMINATION psychologique d’une personne sur une autre, et la SOUMISSION de cette dernière, réduite à l’état d’OBJET…

Il s’agit donc d’une forme de « relation malade », « asymétrique », qui s’établit au moyen de statégies et MANIPULATIONS de la part du « dominant » sur le « dominé ».

L’EMPRISE peut être plus ou moins insidieuse et visible de l’extérieur.

Certains manipulateurs très habiles à entretenir une bonne image, comme les pervers narcissiques, exercent une emprise très sournoise. Le pervers narcissique exerce une violence psychologique que même l’entourage le plus proche ne parvient pas toujours à déceler.
L’EMPRISE DU PN est celle dont les victimes ont le moins conscience, et celle dont il est, par conséquent, le plus difficle à échapper.

C’est pourquoi, les pervers enchaînent impunément la destruction de plusieurs conjoints, sans que le crime soit identifié comme tel.

Une « personne sous emprise » peut être un homme, une femme, un enfant. L’agresseur qui exerce l’emprise peut être un conjoint, un ami, un parent, un gourou…

La relation d’emprise peut aussi concerner un groupe, une institution…mais nous nous attacherons ici aux interactions entre deux individus, dans une relation de couple avec un pervers narcissique.

L’EMPRISE :
1/Séduction
2/déstabilisation et conditionnement
3/destruction

1/ Séduction

Il est essentiel de comprendre que l’EMPRISE ne peut se mettre en place sans SÉDUCTION.
Pendant la phase de séduction, la proie croit à l’illusion d’une relation idyllique, elle pense avoir rencontré le « prince charmant ».
En effet, dans un premier temps, le manipulateur pathologique se colle « aux rêves » de sa proie.
(voir l’article du 4 avril 2015 concernant l’insidieuse descente aux enfers de la proie qui pense avoir rencontré un prince charmant et l’article du 21 mai 2015 sur le PN qui est un « caméléon »).

2/Déstabilisation-Conditionnement

Cette phase de SÉDUCTION précède celle où la victime, soumise quotidiennement à des micro-agressions (voir l’article du 25 avril 2017 « comment échapper aux manipulateurs »), perd progressivement confiance en elle.
Cette deuxième étape peut durer des années (parfois des dizaines, parfois toute une vie…).
La proie a rarement conscience de ce qu’elle vit, elle continue à se croire libre tout en se sentant de plus en plus confuse et dévitalisée.
Victime d’intimidations et de communication paradoxale, elle est conditionnée à culpabiliser, et à répondre immédiatement aux injonctions (explicites ou non) du manipulateur .
Elle perd progressivement son libre arbitre, et craint tant de « mal faire », qu’elle trébuche sans arrêt, ce qui donne au prédateur l’occasion de pointer ses erreurs.
Soumise à une alternance d’agressions et de séduction (chaud-froid/montagnes russes émotionnelles), sa capacité à réfléchir avec clairvoyance est progressivement anesthésiée.

Ses défenses tombent.

(RAPPEL→Dans une relation « saine », lorsqu’une personne se sent malmenée par une autre (que ce soient des agressions psychologiques ou physiques), elle se révolte, et parvient à poser des limites.
Dans une RELATION D’EMPRISE, la personne agressée ne parvient plus à réagir.)

Ses sensations, ses émotions « s‘effacent », au profit de celles du bourreau (homme ou femme).
Ce qui est « bon » ou « bien » pour lui, devient peu à peu, ce qui est « bon » ou « bien » pour elle.

Elle se sent incapable de résister ou de discuter, et ne parvient pas à percevoir qu’il s’agit de maltraitance.
Or la violence psychologique en est une terrible.

Ayant perdu sa liberté sans en avoir conscience, la personne sous emprise, victime d’intimidations constantes, est « programmée » pour ne pas déplaire au manipulateur pervers. Elle vit dans la PEUR des représailles : un regard, un geste, le ton de la voix du bourreau, constituent pour la victime, des « signaux » auxquels elle répond au quart de tour.

Nous avons tous autour de nous des personnes qui semblent libres, heureuses et épanouies, mais qui vivent dans la crainte pemanente de ne pas « être à la hauteur », de « mal faire », de « déplaire », de « contrarier » leur conjoint manipulateur destructeur.
Il ne s’agit pas d’une inquiétude légère, mais bien de TERREUR.

Dans le cas d’une proie sous l’emprise d’un pervers, cette terreur de mal faire, cette sensation d’être défaillante et coupable, mène à la dévitalisation (elle perd son énergie et sa joie de vivre), voire à la dépression et/ou au suicide.

La personne sous l’emprise d’un PN n’est jamais, au départ, une « victime faible», mais au contraire une personnalité débordante d’énergie, qui a beaucoup à offrir (voir la vidéo du 25 juin 2016).
Le pervers se « nourrit » de tout ce qu’il peut absorber comme ressources et qualités (dont il ne dispose pas), tout en manoeuvrant pour faire croire à son conjoint qu’il est « mauvais », « défaillant », « décevant ».
Ce que la victime finit par croire sincèrement, tout en accordant au manipulateur des qualités qu’il est loin de posséder. (la perversion est une inversion de la réalité)
Elle finit par croire que son bourreau est le centre de son monde, et que sans lui, « elle n’est rien ».
Elle est INFANTILISÉE et demande la permission pour tout : elle ne se fait plus confiance, et vit dans la crainte de ne pas « être à la hauteur ».

La victime sous emprise n’a, non seulement, pas conscience que les limites protègeant son bien-être sont dépassées, MAIS ELLE AGIT À L’ENCONTRE DE SES INTÉRETS.

EXEMPLE :
Le cas de Jacqueline Sauvage est un parfait exemple de victime sous l’emprise d’un malade mental, qui a agi à l’encontre de ses intérêts.
Victime de « décervelage », elle n’a n’a jamais porté plainte contre son mari tyranique, pervers et incestueux.
Elle n’a pas osé, incapable de protéger ses propres enfants, et de s’opposer à lui.
Conditionnée à considérer les règles du pervers comme « la Loi », elle n’a pas réalisé, que son mari était un criminel, et que la Justice pouvait la protéger.
Les règles imposées à huis-clos par le pervers ont primé sur le bon sens le plus élémentaire.
(Dans une relation d’emprise avec un pervers, la victime ne sait plus réfléchir intelligemment → on parle de « décervelage ».)
Terrorisée, Jacqueline Sauvage a préféré tuer son bourreau de trois balles dans le dos, plutôt que de devoir affronter son regard !
Ce qui l’a évidemment désservi pendant le procès.

C’est la raison pour laquelle l’entourage de la victime s’agace souvent de son engourdissement, et de son aveuglement.
Certaines (nombreuses) vont jusqu’à prendre la défense de leur bourreau, et lui trouvent des excuses, endossant la responsabilté de tous les dysfonctionnements. (« Il est fatigué, je l’ai énervé, c’est de ma faute, il a des soucis au travail, il est « gentil » dans le fond… ».)
Ce qui paraît « fou », mais illustre parfaitement la notion d’EMPRISE…

Ainsi, on peut parler de RÉIFICATION.
L’agresseur agit afin de garder sa proie à sa disposition, sans considération pour son individualité. Le but étant de la soumettre afin qu’elle soit conditionnée à répondre à ses seuls besoins.
Elle est considérée comme un instrument, un objet utile.

Le manipulateur qui est un PRÉDATEUR, parvient à atteindre sa proie en activant des FAILLES qui sont différentes d’une personne à une autre. (voir l’article du 21 mais 2015 sur le PN qui est un « caméléon »).

Tant que la proie du PN
-lui est soumise (même si cela ne se voit pas de l’extérieur)
-sert ses intérêts,
-répond à ses besoins,
-lui renvoie l’image qu’il souhaite,
-lui sert de faire-valoir … l’EMPRISE peut durer des dizaines d’années, voire toute une vie.

3/ Destruction

Dès lors que la victime commence
-à sortir de son engourdissement,
-à remettre en question le fonctionnement de la relation,
-à tenter d’exister par elle-même,
-à se révolter pour échapper à son bourreau et sortir de l’EMPRISE… la phase de DESTRUCTION se met en place.

Cette phase est une épreuve atroce pour la victime du PN, car ce dernier fait alors éclater sa cruauté et son sadisme.
On parle de RAGE NARCISSIQUE.
Incapable de supporter une image altérée de lui-même, le pervers devient fou de rage, et s’acharne à détruire le « mauvais miroir ».

–>Beaucoup de victimes qui craignent inconsciemment cette cruauté, ne parviennent jamais à retrouver leur libre arbitre.

AINSI L’EMPRISE PEUT PERDURER APRÈS UNE SÉPARATION ; ET CELA N’EST PAS RARE, BIEN AU CONTRAIRE.

Après une rupture avec un PN, il s’agit :
-de COUPER TOUT CONTACT, et de FUIR s’il n’y a pas d’enfants ou d’intérêts communs, ou
-de CONTRE-MANIPULER si nécessaire pour avoir la paix,
-MAIS EN AUCUN CAS, DE DEMEURER DANS LA SOUMISSION ET LA PEUR de son ex-conjoint le restant de ses jours!!

Les exemples de victimes restées sous emprise bien après la séparation, sont malheureusement aussi nombreuses que celles qui parviennent réellement à y échapper…

Elles expriment la peur de «contrarier » leur ex-conjoint(e).
Elles préfèrent « être en bons termes », « ne pas faire d’histoires »…
Même si c’est au prix de leur liberté, de la reconquête de la confiance et de l’amour de soi, et de la capacité à s’affirmer.

-Comme Agathe 32 ans, abusée sexuellement par son oncle entre l’âge de 9 et 13 ans, mais qui ne l’a pas dénoncé, et continue à le cotoyer aux repas de famille.

-Comme Cléa, 45 ans, qui 10 ans après sa séparation, continue à prendre la défense de son ex mari pervers, lui demande la « permission » pour tout ce qui concerne leurs enfants, « like » tous ses posts sur Facebook comme une groupie, et se précipite pour lui acheter un cadeau de naissance, lorsque sa nouvelle proie accouche.

-Comme Sylvie (70 ans), qui trois décennies après son divorce, rend visite 2 fois par semaine à son ex mari (PN accompli) lorsqu’il est malade, et lui fait ses cartons sous ses réflexions dénigrantes lorsqu’il déménage.

De l’extérieur, la tentation de s’agacer, et de les abandonner à leur sort est grande.

On ne peut, en effet, ni sauver une personne sous emprise malgré elle, ni faire le travail nécessaire à la libération, à sa place !

Cependant, on peut essayer de lui ouvrir les yeux, de la soutenir, de lui donner l’envie d’y échapper, et de se battre pour s’en sortir…

IL EST D’AUTANT PLUS UTILE (ESSENTIEL) DE FAIRE UN VÉRITABLE TRAVAIL POUR ÉCHAPPER À L’EMPRISE, QUE LE RISQUE DE RETOMBER DANS LE MÊME SCHÉMA RELATIONNEL EST GRAND.

–>En effet, celles qui n’ont pas bien « compris », ni assimilé qu’il s’agissait de manipulation et de violence psychologique, celles qui « minimisent » la gravité des maltraitances subies, ont plus de risques de retomber dans d’autres relations abusives et maltraitantes.

Dans une relation d’emprise avec un PN, sans un travail profond pour comprendre les mécanismes auxquels on a pu être soumis, sans un exercice visant à identifier ses FAILLES, et un cheminement destiné à les guérir (du moins en partie), ces fragilités demeurent de magnifiques opportunités offertes aux toxiques qui rodent !

Il ne leur suffira que de planter leurs griffes dans ces fêlures, pour se nourrir, comme des parasites.

–>Avec un peu de distance et de recul, les victimes d’emprise qui parviennent à y échapper, sont toujours stupéfaites de constater qu’elles ont vécu PLUSIEURS relations abusives dans plusieurs domaines de vie (sentimental, professionnel, amical…).

Il faut beaucoup de courage et d’intelligence pour s’atteler à un travail thérapeutique, mais il est SALVATEUR et LIBÉRATEUR à long terme.

Cette démarche permet une vraie « reprogrammation » et donc une véritable « renaissance ».
C’est à ce prix qu’on echappe définitivement aux schémas délétères.

Encore une fois : nous ne sommes pas responsables de tout ce qui nous arrive, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons !

…CELINE VALENTIN

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s