La fasciathérapie : des mains à l’écoute du corps ( article du magazine Psychologie )

La fasciathérapie : des mains à l’écoute du corps

En décrispant nos fascias, ces fines membranes qui enveloppent muscles et organes, cette technique manuelle, indolore soulage les blocages, dissipe la fatigue et le stress, remet le corps et l’esprit au diapason.

Karine Papillaud

J’ai découvert la fasciathérapie au moment où je commençais à désespérer d’être enfin soulagée, se souvient Marie-Reine, 51 ans. En janvier 2001, une vive douleur lui paralyse l’épaule. Diagnostic : capsulite rétractile (inflammation très douloureuse de la capsule d’une articulation). « Je ne pouvais plus lever mon bras gauche. Le kinésithérapeute et l’ostéopathe restaient impuissants : on ne pouvait pas me toucher sans que je hurle. Malgré les infiltrations de cortisone et les anti-inflammatoires, je souffrais beaucoup, je maigrissais et je dormais mal. »
Après six mois de calvaire, Marie-Reine entend parler de la fasciathérapie, une technique manuelle proche de l’ostéopathie, mais sans manipulation du corps. « J’ai essayé et le résultat a été spectaculaire : j’ai retrouvé l’usage de mon bras en quatre séances, quand il faut environ un an de rééducation intensive pour parvenir à une amélioration. »

Une toile d’araignée dans l’organisme

Difficile de se représenter ce qu’est la fasciathérapie quand on voit un praticien à l’œuvre : allongé sur une table de massage, habillé ou dévêtu, le patient s’abandonne au contact des mains qui auscultent d’imperceptibles mouvements du corps avec des gestes très précis et très lents. La sensation est étrange et agréable. Sent-on d’ailleurs vraiment quelque chose ? Le corps semble onduler sous les mains expertes pour ressortir totalement détendu. Entre-temps, le thérapeute aura écouté, accompagné le rythme des fascias de son patient.

Les fascias (à l’origine, “fascia” est un mot latin qui signifie bande, tissu) sont de fines membranes qui entourent les muscles, les os, les viscères, le cerveau, la moelle épinière, les ligaments, et les relient entre eux comme une toile d’araignée. Très élastiques, ils maintiennent les organes et amortissent les chocs. « Sous l’action du stress, ces tissus conjonctifs se contractent pour se rétracter ensuite, explique Christian Courraud, fasciathérapeute et enseignant de la méthode Danis Bois (1). Mais dans certains cas, ils ne se rétractent pas. Des signes fonctionnels apparaissent alors, comme des douleurs, de la fatigue, un mal-être, des maux divers qui, souvent, préparent le terrain à la maladie proprement dite. »

Objectif de la fasciathérapie : traiter ces signaux dès qu’ils se manifestent, en décrispant les fascias pour qu’ils retrouvent leur place, leur rythme et laissent circuler l’énergie. Mais aussi développer chez le patient la perception qu’il a de son propre corps, en lui faisant prendre conscience peu à peu de l’importance de son ressenti. « Si l’on développe une présence à soi, c’est la relation avec les autres qui s’harmonise naturellement, parce que l’on est soi-même plus stable, plus adaptable, souligne Christian Courraud. Comme on se “sent” mieux, au sens propre du terme, on résiste également mieux aux effets du stress. »

1– Ostéopathe et kinésithérapeute, Danis Bois a créé le Collège international méthode Danis Bois en 1980 pour enseigner la fasciathérapie et approfondir ses recherches sur les fascias.

Soulager les sportifs

Parce qu’elle traite les problèmes musculaires et articulaires, cette méthode fait de plus en plus d’adeptes parmi les athlètes. « Si j’avais connu la fasciathérapie dès mes débuts, j’aurais fait une tout autre carrière ! » s’exclame Sébastien Dallet, 28 ans, footballeur de l’équipe de Créteil, qui évolue en ligue 2 (ex-deuxième division). Sébastien souffre d’un problème chronique à la cheville, au point d’être manipulé par un ostéopathe avant chaque match. Il y a deux ans, on lui parle de la fasciathérapie. Curieux, Sébastien veut tenter cette méthode, l’une des rares qu’il n’ait pas essayée. « A force de faire entorse sur entorse, ma cheville n’a jamais vraiment récupéré et rien ne la soulageait durablement. Il a suffi de quatre séances de fasciathérapie pour régler le problème définitivement. »
Venu pour une blessure, le jeune attaquant a continué les séances pour le bien-être qu’elles lui procurent : « Sur le plan mental, les résultats ont été étonnants. Je suis moins anxieux, moins stressé, j’arrive mieux à prendre du recul. Au niveau physique, je me sens plus sûr de moi. » Cette année, Sébastien a fait sa plus belle saison. Il a été désigné en juin meilleur joueur de Créteil pour 2001-2002.

Une libération en profondeur

Plus qu’une nouvelle méthode de bien-être, c’est une blessure psychologique que Jean-Bernard a découvert en 1993 au cours d’une séance de fasciathérapie en thalasso. Il a alors 45 ans et se remet difficilement d’un infarctus. « La thérapeute a décelé des blocages dans le bas du corps. Quand elle a libéré la région de l’aine par des mouvements très doux, j’ai senti comme un grand flux traverser mon corps, comme si un trop-plein de sang quittait la tête pour envahir les jambes. D’un coup, j’ai éclaté en sanglots. Je me suis senti libéré, sans savoir de quoi exactement : l’action sur le corps a soulagé quelque chose dans ma tête. Ce bien-être a duré plusieurs mois. Depuis, je fais une séance de temps en temps, mais j’ai du mal à retrouver un praticien aussi exceptionnel. »

Le fasciathérapeute, qui, à l’origine, est médecin, kinésithérapeute ou ostéopathe, doit en effet ajouter un « petit quelque chose » à ses compétences scientifiques : « La particularité de notre travail, c’est l’empathie sensorielle avec le patient, explique Hélène Bourhis, enseignante de la méthode Danis Bois. On doit percevoir ce que notre patient ressent dans son corps. Il faut être totalement disponible. Et comme cela implique une profonde perception de soi, les thérapeutes suivent eux-mêmes des séances de fasciathérapie. »

« Cette méthode présente l’avantage de ne pas ébranler la personnalité du patient », analyse pour sa part la psychiatre Emmanuelle Duprat. Elle complète les traitements de certains patients, notamment ceux qui sont anorexiques ou boulimiques, avec des séances de fasciathérapie. « Progressive, cette technique s’appuie sur la solidité du corps que l’on se réapproprie peu à peu. Et, chose assez rare, il n’y a pas de rapport dominant-dominé entre le thérapeute et son patient. Mais s’il faut du temps pour apprendre à percevoir son corps, il ne faut pas hésiter à essayer plusieurs thérapeutes pour trouver celui qui vous correspond le mieux. Demandez-vous ce que vous apporte son regard, ce que vous ressentez vis-à-vis de lui, si les séances vous font du bien. Bref, exercez votre sens critique tout en laissant le temps de s’établir une relation entre lui et vous. »

 

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Publié par

MILA.K

Bien-être / pensée positive /développement personnel en route pour une relation saine avec soi-même et les autres.

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