LORSQUE LE MANIPULATEUR DESTRUCTEUR QUITTE SA VICTIME.

IMG_6585LORSQUE LE MANIPULATEUR DESTRUCTEUR QUITTE SA VICTIME.

par Céline Valentin 

 

 

 

 

Il est couramment admis que le PN ne « lâche » jamais sa proie, et qu’il met tout en oeuvre pour garder son conjoint, comme une possession.
Or toutes les situations sont possibles : des relations toxiques qui durent toute une vie, des relations toxiques qui s’achèvent après des dizaines d’années, quelques années ou quelques mois.
La proie peut décider d’échapper à son bourreau, mais il arrive aussi que le manipulateur prenne l’initiative de la rupture.

RAPPEL : La personnalité narcissique destructrice rompt en général lorsque :
→le conjoint est trop rebelle, et ne se soumet pas. (Le PN n’obtient jamais réellement le POUVOIR.)
→le conjoint est devenu un « paillasson » qui n’amuse plus le manipulateur. (Son POUVOIR est absolu sur sa victime, et les intéractions sont devenues ennuyeuses pour le vampire affectif.)

Il faut être deux pour que la relation puisse exister.
Pour qu’il y ait « relation », il doit y avoir « intéractions ».
Dans un relation avec un PN, le rapport à l’autre doit, non seulement, stimuler le toxique en lui donnant la possibilité de jouer avec sa victime comme un chat avec une souris, mais aussi lui permettre de se sentir tout-puissant.
Le conjoint qui intéragit doit être à la fois « suffisamment » résistant, et « suffisamment » soumis…
Un sinistre équilibre est donc nécessaire, pour que la « relation » perverse –EN RÉALITÉ UN RAPPORT DE FORCE- puisse exister et perdurer.

→Dans les deux cas (conjoint rebelle+ ou conjoint soumis+), le PN qui prend l’initiative de partir a, très souvent, un nouvel « objet » en vue.

→Quelle que soit la situation, ce qui illustre le fonctionnement PN, ce sont les mécanismes que les personnalités narcissiques utilisent systématiquement, et adaptent à chaque situation :

-RÉIFICATION de l’autre (le conjoint de la personnalité narcissique est considéré comme un OBJET INTERCHANGEABLE et non comme un SUJET)
-Besoin de cultiver et de garder une BONNE IMAGE dans toutes les situations (le narcissique manœuvre toujours afin de se faire passer pour une personne exemplaire, un héros ou une victime).
ABSENCE D’EMPATHIE, voire cruauté/sadisme pour les narcissiques pervers.
-Incapacité à se remettre en question (-DENI-CLIVAGE)
CULPABILISATION de l’autre qui est rendu responsable de tous les dysfonctionnements du couple (PROJECTION, CLIVAGE…).

Cet article va donc s’attacher à analyser ce qui peut se passer lorsqu’un PN décide de quitter son conjoint.
Il s’agit d’un cas de figure et non d’une règle.

→ LE PN N’AVOUE PRESQUE JAMAIS QU’IL A UNE NOUVELLE PROIE EN VUE.

RAPPEL : Paralèllement à une relation installée, le PN entretient toujours des relations de séduction avec plusieurs personnes qui seront autant de proies potentielles.
Il ne trompe pas nécessairement lorsqu’il est en couple, mais c’est un illusioniste qui aime à cultiver une image extrêmement séduisante, jouissant de se faire passer pour l’homme ou la femme parfait(e).
Il a besoin d’être DÉSIRÉ et IDÉALISÉ.

Lorsqu’un PN part, il est donc probable qu’une nouvelle proie l’attende ailleurs (avec des étoiles plein les yeux…), mais s’il est marié, le manipulateur n’avoue que rarement l’existence de sa nouvelle conquête.
Son IMAGE DE PROBITÉ en dépend.

Il est très difficile de prouver qu’il a quelqu’un d’autre.
S’il laisse transparaître des indices, il prend un air outragé lorsque la proie obsolète lui pose la question.
Les plus proches courtisans (les « chacals » qui n’ont rien de bienveillant, puisqu’ils se nourissent et jouissent du caractère pervers de la manoeuvre) peuvent cependant être dans la confidence.

LE PN MANŒUVRE POUR GARDER UNE BONNE IMAGE ET S’ATTACHE À DÉCRÉDIBILISER L’AUTRE.

AVANT DE QUITTER SA PROIE, le PN « prépare le terrain ».
ll manoeuve afin de faire passer son conjoint pour fou, agressif, méchant, bête…
Le MPN est un excellent menteur/acteur/illusionniste, et il n’est pas rare que la propre famille de la victime se retourne contre elle.

L’objectif étant l’inversion de la réalité : l’entourage doit croire que la proie est « défaillante » et considérer le manipulateur comme la victime.

EXEMPLE :
Quelques mois avant leur séparation, Valentine, la compagne de Gustave, le surpend au téléphone en train de se plaindre d’elle à l’un de leurs amis…alors qu’aucune dispute ne justifiait ses jérémiades. Le matin même, Gustave enlaçait Valentine, et évoquait leurs projets de vacances !

APRÈS LA SÉPARATION, le pervers narcissique communique d’une manière faussement bienveillante, afin de se donner l’image d’un grand seigneur, et de faire passer (encore et toujours…) le conjoint obsolète pour défaillant.
-«ce fut une belle histoire» → il donne l’impression de respecter la relation et se donne le beau rôle.
-« il/elle est adorable, évidemment, mais nous n’avons pas évolué dans la même direction » → sous-entendu il/elle n’est pas « à la hauteur » de sa propre évolution (intellectuelle, sociale…).
-« j’ai essayé de l’aider mais je n’y suis pas parvenu(e)» → un « héros » qui a tout donné, et jette l’éponge.
-« elle est si agressive qu’elle me fait peur » → c’est lui la victime
-« il/elle n’a pas su surmonter ses problémes d’enfance » → le conjoint est déséquilbré et fragile psychologiquement.
etc…

Le PNmanipule comme il respire !
Ses affects étant limités, il peut simuler des émotions sans les ressentir.
Ainsi, lorsqu’il est à l’initiative de la séparation, il semble parfois s’adoucir.
Cependant, il est aisé pour un observateur averti, d’identifier en parallèle de cet « apaisement factice », les signes de son ABSENCE TOTALE D’EMPATHIE.
Le PN est un être faux, qui ne ressent aucune souffrance pour lui-même, ni pour les autres ; et dont l’intérêt réel pour une personne -en dehors de son UTILITÉ- n’existe pas.
S’il parvient le plus souvent à tromper ceux qui ne connaissent pas ce fonctionnement malade, les incohérences trahissent ce qui n’est, en réalité, qu’un jeu d’acteur.

EXEMPLE:
→Gustave annule le séjour de sa compagne à Bali, et compte s’y rendre sans elle. Il demande à la jeune femme dévastée, qui ne dort plus, de lui donner des somnifères,  » pour lui rendre son long vol plus confortable ». (« vu l’état dans lequel tu es, ton médcin a dû t’en prescrire »).

Paralèllement, il lui propose de « s’offrir d’autres vacances avec sa carte bleue ».

Le manque d’empathie, et la cruauté, associés à cette générosité déplacée, montrent que « quelque chose cloche ».
Gustave préserve par anticipation son image auprès de l’entourage, et espère passer pour un gentleman.
Il n’a aucune conscience de l’incongruité de ses actes, et de la TRANSGRESSION que cela représente.

EXEMPLE :
→ Les deux jours qui précèdent son départ, Gustave alterne propos et comportements incohérents :
-tout en se pomponnant pour sortir dîner, il dit : « j’ai tellement envie de te prendre dans mes bras…mais je ne PEUX pas .
-Gustave s’enferme à clé pendant une heure, dans leur chambre à coucher avec une jeune inconnue, en « oubliant » de préciser qu’il s’agit de sa coiffeuse à domicile.
→ Quelques semaines après la séparation, Gustave tente de se donner le beau rôle, et cumule plusieurs propos perfides destinés à manipuler l’entourage : « ce fut une belle histoire »/ « elle n’a pas surmonté ses problèmes d’enfance »/ « elle était agressive »…

Loin d’être le « monsieur parfait » dont il tente de cultiver l’image, Gustave a cruellement poussé à bout la jeune femme, au point qu’elle se retrouvera à l’hôpital psychiatrique.

Dans le cas de Gustave, il ne s’agit pas seulement d’ABSENCE D’EMPATHIE, mais de SADISME.
Non seulement il ne ressent pas la souffrance de Valentine (et ne peut donc s’en émouvoir), mais il jouit de « faire mal ».

RAPPEL : Il existe différents degrés chez les personnalités narcissiques. Certaines manquent « seulement » d’EMPATHIE, mais celles qui sont narcissiques ET perverses (les PN), font preuve de SADISME (jouissent de faire souffrir l’autre).

LE PN QUI PART, RESSENT TOUJOURS LE BESOIN DE TESTER SON POUVOIR SUR SA PROIE DÉLAISSÉE.

EXEMPLE :
Sous le fallacieux prétexte de « prendre des nouvelles » et de « s’assurer que tout va bien » (encore et toujours le besoin de se donner le beau rôle), Arthur appelle Joséphine qu’il a quittée quelques semaines auparvant.
La jeune fille de 20 ans, qui est bien entourée, a compris que son peti ami était un manipulateur. Encouragée et soutenue par ses parents, elle a démasqué Arthur, et a dénoncé son fonctionnement.
Ulcéré d’être mis en cause, Arthur a quitté la jeune fille. Cependant il la contacte par téléphone régulièrement : « je t’appelle pour prendre de tes nouvelles, mais aussi pour te dire de m’oublier ».
Une injonction paradoxale destinée à semer le trouble, et à ne pas laisser la proie en paix.

EXEMPLE :
Arrivé à Bali, Gustave envoie des textos à Valentine, et s’étonne qu’elle ne réponde pas.
Dans les textos suivants, il l’accuse alors d’être « cruelle », et met en doute son amour pour lui.

Même séparé, le manipulateur destructeur ressent le besoin de tester son pouvoir, et considère qu’il a des “droits” sur le partenaire abandonné…

LES CONSÉQUENCES DE CES COMPORTEMENTS « FOUS » PROJETÉS SUR LE CONJOINT, SONT LOURDES.

La proie devient porteuse de la folie du PN, et en présente les symptômes.

RAPPEL : Le pervers narcissique est une personnalité habitée par des conflits internes permanents.
Il s’agit d’un trouble de la personnalité et non d’un trait de caractère
Le PN esr un être sombre, qui ne peut exister qu’en tentant de se débarasser de son chaos intérieur en le projetant sur l’autre.

Ainsi, si le conjoint accepte trop facilement la rupture, le manipulateur destructeur est contrarié, mais si le conjoint s’accroche trop, le manipulateur destructeur s’en trouve agacé !
Dans tous les cas, le PN ressent le besoin de semer le trouble, de souffler le chaud et le froid, de torturer psychologiquement l’autre.
Il n’est jamais heureux et satisfait à moyen ou long terme, la phase de « lune de miel » se transforme toujours en phase de désillusion, puis de destruction.

UNE LUEUR DANS LES TÉNÈBRES : ÊTRE QUITTÉ PAR UN PN EST (évidemment) UNE (merveilleuse) OPPORTUNITÉ.

→Parce que c’est l’occasion de se libérer, et qu’il n’est jamais facile pour le conjoint sous EMPRISE de prendre une telle décision.
→Parce que c’est peut-être le meilleur moment pour négocier la séparation.

RAPPEL : Le pervers narcissique est une personnalité immature, qui, comme un enfant, veut pouvoir s’amuser le plus rapidement possible avec son nouveau « jouet ».
Centré sur son seul plaisir, impatient, inconscient ou indifférent à la souffrance de celui/celle qu’il abandonne, il est obsédé par la nécessité de jouir de sa nouvelle conquête, tout en gardant une bonne image auprès de l’entourage.

Il se peut donc que le PN ne soit jamais plus conciliant et « généreux », que lorsqu’il prend l’initiative de partir.

CONCLUSION :

→Un narcissique destructeur lâche rarement sa proie s’il n’en a pas déjà repéré, au moins, une autre.
Il s’agit bel et bien d’un PRÉDATEUR.

→Être quitté par un PN est ce qui peut arriver de mieux à son conjoint!!!
Si le prédateur change d’avis et décide de récupérer sa « chose », il s’agit de se faire violence, pour ne pas retomber dans le piège.

→Pour négocier au mieux la séparation lorsqu’il y a des enfants ou des intérêts communs, il est très utile d’apprendre à contre manipuler le toxique.

→Une des « clés », étant de ne jamais donner au manipulateur l’impression qu’il perd le POUVOIR. Il s’agit de communiquer en lui faisant croire à sa toute-puissance.
→Le manipulateur est extrêmement manipulable.

→Il s’agit donc de profiter des quelques jours, semaines (ou mois), où il sera obsédé par la satisfaction de ses besoins, pour tenter de négocier au mieux la séparation !

–>Il peut donc être judicieux de se faire coacher le temps de la séparation, afin de se donner les meilleures chances pour l’avenir !!

(Un suivi est aussi utile pour se libérer de l’emprise, et travailler sur ses failles…est-il utile de le rappeler ?!;-))

→Avec un pervers narcissique, c’est un éternel recommencement : les nouvelles « élues » imaginent toutes avoir rencontré « le prince charmant », et être plus aimées et mieux considérées que les conjoint(e)s précédent(e)s.
Or le narcissique, pervers ou non, est incapable d’intéragir avec bienveillance et générosité : il est faux, superficiel et néfaste…et le demeure.

Que le narcissique quitte ou soit quitté, que la relation soit longue ou courte, la DESTRUCTION est irrémédiablement la finalité.
Lente ou rapide, insidieuse ou évidente, elle est toujours profonde et dévastatrice.

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