Le cerveau du psychopathe du point de vue des dernières découvertes scientifiques

Le cerveau du psychopathe du point de vue des dernières découvertes scientifiques

 

Nous observons qu’une des principales caractéristiques du trouble de la personnalité narcissique est le manque d’empathie. Bien que les personnes qui présentent ce trouble soient en mesure de reconnaître les sentiments, pensées et intentions des autres, et sont doué de la capacité de les imiter, elles manifestent peu ou pas de compassion. Pour qu’un individu puisse présenter ces troubles de la personnalité narcissique, antisociale, égocentrique, sans le moindre affect, et qui serait d’origine structurelle, il faudrait probablement qu’il y ait dans le développement même de son cerveau, et parmi d’autres paramètres, un déficit dans l’activation de la zone dédiée à l’affect.

 

« La connaissance protège, l’Ignorance expose au péril. »

Les Cassiopéens

.Certaines recherches scientifiques récentes nous montrent que la structure physiologique du cerveau du psychopathe, un individu dont le comportement est fortement antisocial, impulsif, pour lequel l’autre n’existe pas et qui est sans la moindre conscience des conséquences de ses actes, comportement qui se rapproche fortement de celui du manipulateur pervers narcissique, comporte certaines anomalies de types structurelles.

 

Pour mieux comprendreSelon une étude scientifique allemande publiée dans le Journal of Psychiatric Research, la structure cérébrale est altérée chez les narcissiques pathologiques.

Stefan Röpke de l’Université Charité (Berlin) et ses collègues ont mené une étude avec 34 personnes, dont 17 atteintes du trouble de personnalité narcissique. Dans une étude préliminaire, ils ont montré que ces dernières présentent un déficit de la capacité à éprouver de l’empathie. Dans la présente étude, ils ont également mesuré l’épaisseur du cortex cérébral au moyen de l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Les participants atteints de ce trouble présentaient des anomalies structurelles dans une région qui est impliquée dans les processus de compassion. Cette région était nettement moins épaisse.

Sheilagh Hodgins, professeure à l’Université de Montréal et chercheuse à l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Montréal, nous apprend également qu’elle a découvert des anomalies structurales au sein de la matière grise et dans certaines fibres nerveuses de la matière blanche chez les criminels violents atteints de psychopathie.

Il faut savoir que le niveau d’empathie est directement lié au volume de la matière grise dans une région du cortex insulaire (aussi appelé insula), et qu’elle traite l’information et les processus cognitifs. Quant à la substance blanche elle coordonne la transmission de l’information entre les différentes parties du cerveau. Les chercheurs soulignent que les personnes ayant un trouble narcissique présentent un déficit structural exactement dans cette région.

Sheilagh Hodgins a observé dans le cerveau des psychopathes un volume anormalement faible de matière grise bilatérale au niveau du cortex préfrontal antérieur et dans certaines zones des lobes temporaux. Ces zones du cerveau sont associées à l’empathie, au traitement des émotions prosociales, comme la culpabilité et l’embarras, et au raisonnement moral.  Le scientifique nous apprend de surcroît que, toujours chez les psychopathes,  des anomalies ont été relevées dans les fibres nerveuses de la matière blanche du cingulum postérieur qui relie le cortex cingulaire postérieur au cortex préfrontal médian. Ces anomalies sont associables, selon elle, au manque d’empathie propre à la psychopathie. La spécialiste en psychologie clinique de Montréal rappelle que ces zones jouent un rôle important dans l’apprentissage au moyen de récompenses et de punitions.

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Un pervers narcissique est un psychopathe qui ne s’est pas fait prendre la main dans le sac.

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Le fonctionnement du psychopathe et celui du manipulateur pervers narcissique avéré, donc fonctionnel, sont fort semblables. Malheureusement il n’est pas envisageable d’imposer de tels examens à ceux que l’on reconnaît comme pouvant être « pervers narcissique ». Toutes ces recherches médicales ont été faites sur des individus reconnus psychopathes et maintenus enfermés.

ConclusionIl ne suffit pourtant pas d’avoir le potentiel structurel requis pour devenir un manipulateur pervers narcissique en puissance. Même si je me répète, n’oublions pas que différents éléments externes et internes vont renforcer ou atténuer cette réalité première. Leur présence, leur absence, et leur puissance, vont déterminer la gravité de la psychopathologie en question. Ceci explique aussi pourquoi il ne s’agit pas d’un principe manichéen, nous n’avons pas d’un côté les pervers narcissiques et de l’autre les personnes non pervers narcissiques, d’un côté le noir et de l’autre le blanc. Nous pouvons observer toute une gamme de manipulateurs pervers, en quelque sorte, un « merveilleux camaïeu de gris ».

Geneviève Schmit

(extrait)

25 mai 2016

Inspiré du prochain livre rédigé par Geneviève Schmit et qui sera édité chez Fayard fin 2016

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Comment vieillit le pervers narcissique ?

Bonsoir à tous, comment vieillit un PN ?

Je pense que cela va dépendre de son niveau de vie si le ou la PN vit dans le luxe, ou continue d’avoir les moyens de se payer sa court d’admirateurs, de pantins, ses besoins matériels, alors je pense que cela ira de pire en pire et qu’il deviendra redoutable, sauf dans ses phases de faiblesse ( maladie, perte d’emploi, de proies, famille qui s’éloigne …).

Une chose est sûre le noyau, narcissique perdurera, son mode de fonctionnement  qui est structurel aussi. Les coups de la vie ( car oui ! ces gens là ne sont pas épargnés, oui ! eux aussi ramassent les revers du KARMA) et l’âge qui avance feront d’eux des êtres moins flamboyants et plus vulnérables contre leur gré… en revanche pas sur que cela ne les rendent pas encore plus aigries et cruels..

 

COMMENT ECHAPPER AUX MANIPULATEURS? COMMENCER PAR REFUSER TOUTE MANIFESTATION D’IRRESPECT et APPRENDRE À ÉCOUTER SES RESSENTIS!

COMMENT ECHAPPER AUX MANIPULATEURS?
COMMENCER PAR REFUSER TOUTE MANIFESTATION D’IRRESPECT et APPRENDRE À ÉCOUTER SES RESSENTIS!

On me pose souvent la question : “Comment détecter un manipulateur, et comment échapper à ce profil toxique?”.

La particularité du narcissique (manipulateur pathologique) étant le soin qu’il accorde à cultiver une image parfaite…il est difficile de l’identifier de prime abord.
L’EMPRISE est toujours amorcée par une PHASE DE SÉDUCTION lors de laquelle le toxique s’attache à se “coller au rêve” de sa proie.
Il apparait donc, dans un premier temps, comme un “prince charmant”, généreux et tourné vers l’Autre qu’il idéalise (puisque l’Autre lui renvoie un reflet valorisant), et dont il parle beaucoup, et en termes élogieux.
Il semble donc très amoureux (en réalité, son narcissisme très bien “nourri” par son nouveau JOUET est temporairement satisfait), et son enthousiasme concernant celui ou celle qui deviendra inévitablement sa victime, lui donne le beau rôle aux yeux de son entourage.
Le manipulateur encense sa nouvelle proie, qui, mise sur un piédestal , se sent flattée d’être l’élue d’un personnage aussi “délicieux”.

C’est la phase de “LUNE DE MIEL”, lors de laquelle rien ne semble pouvoir assombrir l’idylle.

En réalité, dès cette période, des SIGNES d’IRRESPECT et de NON -AMOUR peuvent être perçus par un observateur averti.

La proie, qui la plupart du temps ignore le fonctionnement pathologique du narcissique, réalise que “quelque chose cloche” chez son “prince charmant”, mais repousse aussitôt cette impression.
Totalement galvanisée par l’extrême séduction dont le prédateur sait faire preuve lors de cette période (dite de “FERRAGE”), elle choisit plutôt de s’accrocher à l’ILLUSION qu’elle a rencontré “le partenaire idéal”.
(voir l’article du 4 avril 2015 qui raconte l’insidieuse descente aux enfers de la proie qui pense avoir rencontré un prince charmant).

Or, alors qu’elle se croit pleinement heureuse, la victime du narcissique pervers, insidieusement et progressivement, perd sa joie de vivre.
Si elle n’est pas agressée directement, la COMMUNICATION PARADOXALE s’est mise en place : le manipulateur véhicule sournoisement l’idée qu’il est insatisfait.
A ce moment là, la victime déstabilisée, mais inconsciente du processus, est déjà sous EMPRISE.
Pour la moindre broutille, le narcissique joue à l’homme (ou à la femme) “parfait”, déçu, triste ou contrarié, et PROJETTE systématiquement la faute sur l’autre, voire INVERSE la situation.
Il/elle enfile un masque de victime d’un(e) conjoint “défaillant” ou “fragile”.
La victime, elle, s’accroche au souvenir de la “lune de miel”, lors de laquelle le pervers lui a fait croire qu’elle était “parfaite pour lui”, et elle s’épuise à redevenir “celle qu’elle était”. En réalité , elle n’a pas changé, elle est juste manipulée.
Confuse, elle a perdu son libre arbitre, et pense qu’elle est coupable de tout ce qui ne va pas, s’acharnant à satisfaire son “Roi”.

Semaine après semaine, mois après mois, année après année, la proie du manipulateur pathologique, s’épuise.
Victime de sa violence psychologique insidieuse, elle sombre peu à peu dans le stress, la confusion et la dépression…

Tant qu’elle ne comprend pas qu’elle est victime de MANIPULATION, et ne se révolte pas, le “calme apparent” peut durer des années.
(voir l’article du 22 juin 2016 où sont décrits les différents profis de victimes et leurs réactions possibles face au PN )

L’EMPRISE n’est jamais perçue comme telle par la victime.
Il s’agit d’un processus terriblement sournois, parfois identifié par quelques personnes clairvoyantes de l’entourage de la proie, et dont cette dernière ne prend conscience que lorsqu’elle en est sortie.
(De nombreuses victimes demeurent sous l’EMPRISE d’un prédateur bien après la séparation, c’est pourquoi un travail personnel est utile pour pouvoir y échapper!)

Comme nous avons pu le voir dans mes articles précédents, le narcissique ne choisit pas sa victime par hasard : ce sont ses FAILLES qui permettent au prédateur de planter ses griffes.
L’aliénation n’est possible, que parce que la victime type du PN, ne se fait jamais suffisamment confiance, et a tendance à accorder une place démesurée à “l’Autre”.

Dans toute relation, il est utile :
-de se poser régulièrement des questions telles que : “Est ce que je me sens heureuse, épanouie, moi-même, libre, sereine, en sécurité…
-de se méfier des INCONGRUENCES (décalge entre paroles et actes),
-de prendre en considération ses IMPRESSIONS DÉSAGRÉABLES.
-de refuser tout COMPORTEMENT IRRESPECTUEUX

EXEMPLE DE COMPORTEMENTS INAPPROPRIÉS ET ALARMANTS :

“Lorsque Julie rencontre Roland, elle perçoit immédiatement une dimension sombre chez le narcissique.
En effet, Roland, qui n’est pas immédiatement en phase de séduction, se montre désagréable avec ses enfants et quelques “courtisans”. (Héritier gâté par la vie, et entouré d’une cour, Roland se comporte comme un petit monarque).
Irascible, il se plaint du choix de la table au restaurant (ce n’est pas son choix, donc il est mauvais…), et fait preuve d’un autoritarisme gratuit et inutile avec ses enfants, en leur imposant de commander des plats qu’ils n’aiment pas.
Le contexte est pourtant censé être agréable et détendu, puisque cela se passe au mois d’aout, pendant les vacances.

Julie sent une impression désagréable face à cette attitude (clairement TYRANIQUE), mais elle balaye l’ALERTE.

Quelques semaines plus tard à Paris, alors que la relation de couple est amorcée, elle découvre qu’il sort diner, puis en boite, avec des jeunes filles qui ont la moitié de son âge, et qu’elle n’est pas conviée!

Lorsque Julie s’en étonne, Roland la traite de “jalouse”, INVERSANT la situation et PROJETANT ainsi la faute sur elle.
(la question de fond “est-ce que l’attitude de Roland est apprpriée”, est habilement balayée par un reproche concernant l’attitude de Julie→inversion/comminication paradoxale)

Il est probable que si Julie avait agi de la même manière, Roland l’aurait (très) mal pris.

Or la possibilité que Julie puisse s’organiser une soirée avec de jeunes hommes, sans le convier, ne lui vient même pas à l’esprit!
En effet, le pervers narcissique se croit AU DESSUS DES LOIS, et s’arroge des DROITS que l’Autre n’a pas, tout en lui imposant des DEVOIRS qu’il ne s’impose pas à lui-même!

En septembre, au retour d’un voyage, Roland rapporte à Julie, un collier en métal et perles en plastique …d’une laideur rare.
Lorsqu’elle ouvre le paquet, Julie reste muette, incapable de cacher son incompréhension devant un cadeau aussi incongru.
Sincère, elle avoue qu’elle n’aime pas du tout l’objet.
Roland, vexé, lui assène alors :”Tu es décidément “difficile à contenter”, si cela ne te plait pas, je le donnerai à ma femme de ménage”.

Une manière insidieuse de projeter la faute sur Julie (“difficile à contenter”) et de RABAISSER sa compagne, qu’il place au même niveau que son EMPLOYÉE

Julie, humiliée, a la présence d’esprit de demander pourquoi il ne pense pas plutôt à offrir ce “joli cadeau” à sa mère ou à sa soeur.
Elle réalise confusément que “quelque chose cloche”, et qu’il ne s’agit pas seulement d’une erreur d’appréciation de la part de son compagnon.

FOU DE RAGE d’ÊTRE MIS EN CAUSE, et de voir son fonctionnement démasqué, Roland, INCAPABLE DE SUPPORTER LA CRITIQUE, quitte le domicile de Julie, et la PUNIT en ne se manifestant plus (et en ne répondant pas au téléphone) pendant 48 heures.

La jeune femme est déstabilisée par ce comportement incohérent, et c’est elle qui se remet en cause (plus que de raison donc…), en se reprochant d’avoir été trop sincère et exigeante.

En octobre, Julie et Roland sont invités chez la soeur du pervers.
A la question d’un des invités qui demande depuis combien de temps ils se fréquentent, Roland répond : “Depuis deux mois, “elle” est encore en PÉRIODE D’ESSAI”.

Cette fois, le sang de Julie se glace, elle se sent mortifiée; mais voulant éviter un esclandre, elle ravale ses protestations.
Lorsqu’après le diner, elle lui fait remarquer son irrespect, il lui répond “qu’elle n’a pas d’humour”, et lui fait à nouveau la tête pendant 48 heures pour la PUNIR de sa remarque.

Julie découvre quelques années plus tard qu’il s’agit de “DÉNIGREMENT SOUS COUVERT D’HUMOUR”, un mécanisme très utilisé par les pervers qui pratiquent la “COMMUNICATION PARADOXALE”. (article du 25 septembre 2016)

Julie a vécu des dizaines d’épisodes comme ceux-là, dès les premières semaines de sa relation avec le narcissique!
Dénigrements, punitions, humiliations, menaces, intimidations, règles différentes pour elle et pour lui, ont très vite, fait partie des mécanismes utilisés par Roland.
Une manière de tenter de mettre Julie dans une situation d’infériorité (d’employée éjectable) , et de la conditionner à le craindre en la punissant à chaque révolte.
Un fonctionnement typique du PN, qui sombre dans l’angoisse lorsqu’il ne parvient pas à CONTRÔLER et DOMINER ses proches. (voir l’article du 22 avril 2015 sur les punitions du PN)

→ C’est la multiplication des comportements et propos irrespectueux d’une personne envers une autre, et son incapacité à se remettre en question, qui montre qu’il s’agit réellement d’un contexte toxique, et non d’un malentendu isolé.

Pourtant, Julie choisit d’ignorer ces ALERTES INNOMBRABLES.

Elle reste sous l’EMPRISE de Roland pendant trois ans, et comme dans toute relation avec un manipulateur pathologique, la situation ne cesse de se dégrader.
La dernière année de leur relation, Roland ajoute la brutalité physique à la violence psychologique, pour tenter de dresser sa compagne, et BRISER sa rebellion.

Après la rupture, Julie, exsangue, met des mois à sortir de l’EMPRISE et à se reconstruire.

Quelques années plus tard, grâce à un profond travail personnel, la prise de conscience des manipulations et maltraitances constantes de Roland, est un véritable choc pour la jeune femme.
Sa consternation devant l’acceptation dont elle a fait preuve, est l’illustration d’une reprogrammation profonde, et de sa renaissance à elle-même.”

Le fonctionnement délétère d’un narcissique pervers ne peut perdurer que parce la victime contribue aux INTERACTIONS.

Au début d’une relation, il s’agit donc d’être prudent, et de ne pas s’illusionner trop rapidement sur une entente “idyllique”.
Prendre le temps de vérifier que les actes et les paroles de l’autre sont cohérents, apprendre à écouter ses ressentis, vérifier que la relation est basée sur une véritable réciprocité, refuser tout acte ou propos irrespectueux… bref prendre un peu de temps et de recul, permet de ne pas se laisser happer par un toxique.

Il est possible de travailler sur sa capacité à se faire confiance, et à dire “non”.
Il est possible d’apprendre à s’aimer “mieux”: il suffit de le vouloir vraiment, et de s’engager dans un travail dans ce sens.

Cela en vaut la peine : n’oublions jamais que le RESPECT ne se réclame pas, il s’impose; que l’amour de soi est le meilleur rempart contre les manipulateurs, mais aussi le meilleur moyen de cultiver son bonheur…

CELINE VALENTIN COACHING PARIS

QU’EST CE QUE L’EMPRISE ? -Comment se met-elle en place? -Comment fonctionne-t-elle? -Comment y échapper?

QU’EST CE QUE L’EMPRISE ?
-Comment se met-elle en place?
-Comment fonctionne-t-elle?
-Comment y échapper?

L’EMPRISE désigne à la fois la DOMINATION psychologique d’une personne sur une autre, et la SOUMISSION de cette dernière, réduite à l’état d’OBJET…

Il s’agit donc d’une forme de « relation malade », « asymétrique », qui s’établit au moyen de statégies et MANIPULATIONS de la part du « dominant » sur le « dominé ».

L’EMPRISE peut être plus ou moins insidieuse et visible de l’extérieur.

Certains manipulateurs très habiles à entretenir une bonne image, comme les pervers narcissiques, exercent une emprise très sournoise. Le pervers narcissique exerce une violence psychologique que même l’entourage le plus proche ne parvient pas toujours à déceler.
L’EMPRISE DU PN est celle dont les victimes ont le moins conscience, et celle dont il est, par conséquent, le plus difficle à échapper.

C’est pourquoi, les pervers enchaînent impunément la destruction de plusieurs conjoints, sans que le crime soit identifié comme tel.

Une « personne sous emprise » peut être un homme, une femme, un enfant. L’agresseur qui exerce l’emprise peut être un conjoint, un ami, un parent, un gourou…

La relation d’emprise peut aussi concerner un groupe, une institution…mais nous nous attacherons ici aux interactions entre deux individus, dans une relation de couple avec un pervers narcissique.

L’EMPRISE :
1/Séduction
2/déstabilisation et conditionnement
3/destruction

1/ Séduction

Il est essentiel de comprendre que l’EMPRISE ne peut se mettre en place sans SÉDUCTION.
Pendant la phase de séduction, la proie croit à l’illusion d’une relation idyllique, elle pense avoir rencontré le « prince charmant ».
En effet, dans un premier temps, le manipulateur pathologique se colle « aux rêves » de sa proie.
(voir l’article du 4 avril 2015 concernant l’insidieuse descente aux enfers de la proie qui pense avoir rencontré un prince charmant et l’article du 21 mai 2015 sur le PN qui est un « caméléon »).

2/Déstabilisation-Conditionnement

Cette phase de SÉDUCTION précède celle où la victime, soumise quotidiennement à des micro-agressions (voir l’article du 25 avril 2017 « comment échapper aux manipulateurs »), perd progressivement confiance en elle.
Cette deuxième étape peut durer des années (parfois des dizaines, parfois toute une vie…).
La proie a rarement conscience de ce qu’elle vit, elle continue à se croire libre tout en se sentant de plus en plus confuse et dévitalisée.
Victime d’intimidations et de communication paradoxale, elle est conditionnée à culpabiliser, et à répondre immédiatement aux injonctions (explicites ou non) du manipulateur .
Elle perd progressivement son libre arbitre, et craint tant de « mal faire », qu’elle trébuche sans arrêt, ce qui donne au prédateur l’occasion de pointer ses erreurs.
Soumise à une alternance d’agressions et de séduction (chaud-froid/montagnes russes émotionnelles), sa capacité à réfléchir avec clairvoyance est progressivement anesthésiée.

Ses défenses tombent.

(RAPPEL→Dans une relation « saine », lorsqu’une personne se sent malmenée par une autre (que ce soient des agressions psychologiques ou physiques), elle se révolte, et parvient à poser des limites.
Dans une RELATION D’EMPRISE, la personne agressée ne parvient plus à réagir.)

Ses sensations, ses émotions « s‘effacent », au profit de celles du bourreau (homme ou femme).
Ce qui est « bon » ou « bien » pour lui, devient peu à peu, ce qui est « bon » ou « bien » pour elle.

Elle se sent incapable de résister ou de discuter, et ne parvient pas à percevoir qu’il s’agit de maltraitance.
Or la violence psychologique en est une terrible.

Ayant perdu sa liberté sans en avoir conscience, la personne sous emprise, victime d’intimidations constantes, est « programmée » pour ne pas déplaire au manipulateur pervers. Elle vit dans la PEUR des représailles : un regard, un geste, le ton de la voix du bourreau, constituent pour la victime, des « signaux » auxquels elle répond au quart de tour.

Nous avons tous autour de nous des personnes qui semblent libres, heureuses et épanouies, mais qui vivent dans la crainte pemanente de ne pas « être à la hauteur », de « mal faire », de « déplaire », de « contrarier » leur conjoint manipulateur destructeur.
Il ne s’agit pas d’une inquiétude légère, mais bien de TERREUR.

Dans le cas d’une proie sous l’emprise d’un pervers, cette terreur de mal faire, cette sensation d’être défaillante et coupable, mène à la dévitalisation (elle perd son énergie et sa joie de vivre), voire à la dépression et/ou au suicide.

La personne sous l’emprise d’un PN n’est jamais, au départ, une « victime faible», mais au contraire une personnalité débordante d’énergie, qui a beaucoup à offrir (voir la vidéo du 25 juin 2016).
Le pervers se « nourrit » de tout ce qu’il peut absorber comme ressources et qualités (dont il ne dispose pas), tout en manoeuvrant pour faire croire à son conjoint qu’il est « mauvais », « défaillant », « décevant ».
Ce que la victime finit par croire sincèrement, tout en accordant au manipulateur des qualités qu’il est loin de posséder. (la perversion est une inversion de la réalité)
Elle finit par croire que son bourreau est le centre de son monde, et que sans lui, « elle n’est rien ».
Elle est INFANTILISÉE et demande la permission pour tout : elle ne se fait plus confiance, et vit dans la crainte de ne pas « être à la hauteur ».

La victime sous emprise n’a, non seulement, pas conscience que les limites protègeant son bien-être sont dépassées, MAIS ELLE AGIT À L’ENCONTRE DE SES INTÉRETS.

EXEMPLE :
Le cas de Jacqueline Sauvage est un parfait exemple de victime sous l’emprise d’un malade mental, qui a agi à l’encontre de ses intérêts.
Victime de « décervelage », elle n’a n’a jamais porté plainte contre son mari tyranique, pervers et incestueux.
Elle n’a pas osé, incapable de protéger ses propres enfants, et de s’opposer à lui.
Conditionnée à considérer les règles du pervers comme « la Loi », elle n’a pas réalisé, que son mari était un criminel, et que la Justice pouvait la protéger.
Les règles imposées à huis-clos par le pervers ont primé sur le bon sens le plus élémentaire.
(Dans une relation d’emprise avec un pervers, la victime ne sait plus réfléchir intelligemment → on parle de « décervelage ».)
Terrorisée, Jacqueline Sauvage a préféré tuer son bourreau de trois balles dans le dos, plutôt que de devoir affronter son regard !
Ce qui l’a évidemment désservi pendant le procès.

C’est la raison pour laquelle l’entourage de la victime s’agace souvent de son engourdissement, et de son aveuglement.
Certaines (nombreuses) vont jusqu’à prendre la défense de leur bourreau, et lui trouvent des excuses, endossant la responsabilté de tous les dysfonctionnements. (« Il est fatigué, je l’ai énervé, c’est de ma faute, il a des soucis au travail, il est « gentil » dans le fond… ».)
Ce qui paraît « fou », mais illustre parfaitement la notion d’EMPRISE…

Ainsi, on peut parler de RÉIFICATION.
L’agresseur agit afin de garder sa proie à sa disposition, sans considération pour son individualité. Le but étant de la soumettre afin qu’elle soit conditionnée à répondre à ses seuls besoins.
Elle est considérée comme un instrument, un objet utile.

Le manipulateur qui est un PRÉDATEUR, parvient à atteindre sa proie en activant des FAILLES qui sont différentes d’une personne à une autre. (voir l’article du 21 mais 2015 sur le PN qui est un « caméléon »).

Tant que la proie du PN
-lui est soumise (même si cela ne se voit pas de l’extérieur)
-sert ses intérêts,
-répond à ses besoins,
-lui renvoie l’image qu’il souhaite,
-lui sert de faire-valoir … l’EMPRISE peut durer des dizaines d’années, voire toute une vie.

3/ Destruction

Dès lors que la victime commence
-à sortir de son engourdissement,
-à remettre en question le fonctionnement de la relation,
-à tenter d’exister par elle-même,
-à se révolter pour échapper à son bourreau et sortir de l’EMPRISE… la phase de DESTRUCTION se met en place.

Cette phase est une épreuve atroce pour la victime du PN, car ce dernier fait alors éclater sa cruauté et son sadisme.
On parle de RAGE NARCISSIQUE.
Incapable de supporter une image altérée de lui-même, le pervers devient fou de rage, et s’acharne à détruire le « mauvais miroir ».

–>Beaucoup de victimes qui craignent inconsciemment cette cruauté, ne parviennent jamais à retrouver leur libre arbitre.

AINSI L’EMPRISE PEUT PERDURER APRÈS UNE SÉPARATION ; ET CELA N’EST PAS RARE, BIEN AU CONTRAIRE.

Après une rupture avec un PN, il s’agit :
-de COUPER TOUT CONTACT, et de FUIR s’il n’y a pas d’enfants ou d’intérêts communs, ou
-de CONTRE-MANIPULER si nécessaire pour avoir la paix,
-MAIS EN AUCUN CAS, DE DEMEURER DANS LA SOUMISSION ET LA PEUR de son ex-conjoint le restant de ses jours!!

Les exemples de victimes restées sous emprise bien après la séparation, sont malheureusement aussi nombreuses que celles qui parviennent réellement à y échapper…

Elles expriment la peur de «contrarier » leur ex-conjoint(e).
Elles préfèrent « être en bons termes », « ne pas faire d’histoires »…
Même si c’est au prix de leur liberté, de la reconquête de la confiance et de l’amour de soi, et de la capacité à s’affirmer.

-Comme Agathe 32 ans, abusée sexuellement par son oncle entre l’âge de 9 et 13 ans, mais qui ne l’a pas dénoncé, et continue à le cotoyer aux repas de famille.

-Comme Cléa, 45 ans, qui 10 ans après sa séparation, continue à prendre la défense de son ex mari pervers, lui demande la « permission » pour tout ce qui concerne leurs enfants, « like » tous ses posts sur Facebook comme une groupie, et se précipite pour lui acheter un cadeau de naissance, lorsque sa nouvelle proie accouche.

-Comme Sylvie (70 ans), qui trois décennies après son divorce, rend visite 2 fois par semaine à son ex mari (PN accompli) lorsqu’il est malade, et lui fait ses cartons sous ses réflexions dénigrantes lorsqu’il déménage.

De l’extérieur, la tentation de s’agacer, et de les abandonner à leur sort est grande.

On ne peut, en effet, ni sauver une personne sous emprise malgré elle, ni faire le travail nécessaire à la libération, à sa place !

Cependant, on peut essayer de lui ouvrir les yeux, de la soutenir, de lui donner l’envie d’y échapper, et de se battre pour s’en sortir…

IL EST D’AUTANT PLUS UTILE (ESSENTIEL) DE FAIRE UN VÉRITABLE TRAVAIL POUR ÉCHAPPER À L’EMPRISE, QUE LE RISQUE DE RETOMBER DANS LE MÊME SCHÉMA RELATIONNEL EST GRAND.

–>En effet, celles qui n’ont pas bien « compris », ni assimilé qu’il s’agissait de manipulation et de violence psychologique, celles qui « minimisent » la gravité des maltraitances subies, ont plus de risques de retomber dans d’autres relations abusives et maltraitantes.

Dans une relation d’emprise avec un PN, sans un travail profond pour comprendre les mécanismes auxquels on a pu être soumis, sans un exercice visant à identifier ses FAILLES, et un cheminement destiné à les guérir (du moins en partie), ces fragilités demeurent de magnifiques opportunités offertes aux toxiques qui rodent !

Il ne leur suffira que de planter leurs griffes dans ces fêlures, pour se nourrir, comme des parasites.

–>Avec un peu de distance et de recul, les victimes d’emprise qui parviennent à y échapper, sont toujours stupéfaites de constater qu’elles ont vécu PLUSIEURS relations abusives dans plusieurs domaines de vie (sentimental, professionnel, amical…).

Il faut beaucoup de courage et d’intelligence pour s’atteler à un travail thérapeutique, mais il est SALVATEUR et LIBÉRATEUR à long terme.

Cette démarche permet une vraie « reprogrammation » et donc une véritable « renaissance ».
C’est à ce prix qu’on echappe définitivement aux schémas délétères.

Encore une fois : nous ne sommes pas responsables de tout ce qui nous arrive, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons !

…CELINE VALENTIN

LE PERVERS NARCISSIQUE REND L’AUTRE FOU, C’EST POURQUOI IL S’AGIT DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, ET DE FUIR POUR ÉCHAPPER AUX INTERACTIONS.

LE PERVERS NARCISSIQUE REND L’AUTRE FOU, C’EST POURQUOI IL S’AGIT DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, ET DE FUIR POUR ÉCHAPPER AUX INTERACTIONS.

« Le mouvement pervers narcissique est une façon organisée de se défendre de toutes douleurs ou contradictions internes et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et non seulement sans peine mais avec jouissance.»
(Paul-Claude Racamier « Les perversions narcissiques »)

De l’extérieur, le pervers narcissique semble absolument « normal », sans aucun signe de « maladie mentale » : une personne parfaitement intégrée socialement et professionnellement, souvent charmante et agréable, qui se comporte et s’exprime sans qu’il y ait matière à s’étonner.

Pour l’entourage, même proche, il est quasiment impossible de déceler le trouble du PN.
Séducteur et charmant dès qu’il se retrouve en public, il l’est aussi avec sa victime le temps de la « lune de miel ».
Or, dès que cette période est révolue, que sa proie ne lui renvoie plus une image aussi parfaite de lui-même, qu’elle le contrarie, ou ose remettre en question ses « règles », le visage du manipulateur se transforme.
Incapable de supporter la moindre frustration, il devient alors sombre et dénigrant.
Toujours à huis clos.
Sa capacité à alterner rapidement ses deux visages est extrêmement déstabilisante pour la proie qui vit sur des montagnes russes.

Le PN s’entoure d’une cour qui lui est tout acquise, et dont les courtisans complices ou crédules, banalisent toutes les transgressions du toxique (voir article du 28 avril 2016).
La proie se retrouve coupée des seules personnes capables de voir clair dans le jeu du manipulateur : ce dernier s’arrange en effet pour éloigner les personnalités sincères et clairvoyantes de leur entourage.
Ceux qui demeurent ne peuvent donc imaginer que l’affableDocteur Jekyll puisse devenir un Mister Hyde lorsqu’il n’y a plus de témoins.
S’il se montre irrespectueux avec sa proie en public, le PN s’arrange toujours pour garder le « beau rôle » et camoufle ses dénigrements sous un humour limite.
L’épisode est alors banalisé, et balayé d’un revers de main par ceux qui demeurent dans le sillage de cette personnalité au fonctionnement malade.

RAPPEL :
C’est la MULTIPLICATION des comportements délétères, et l’ACCUMULATION des micro-agressions, qui montre qu’il s’agit d’un fonctionnement pervers, et non d’un acte isolé.
Le manipulateur pathologique n’a aucune conscience de son trouble.
La personnalité narcissique malveillante MANIPULE ET DÉTRUIT COMME ELLE RESPIRE.
Sans empathie, elle fait souffrir l’autre sans s’émouvoir, et dans le cas de la personnalité narcissique ET perverse, la souffrnace infligée lui permet de se sentir exister et d’en JOUIR.

EXEMPLES de situations susceptibles de “rendre l’autre fou” :

1/

Sophie qui s’interroge sur la fidèlité de son mari Hervé depuis des années, et se fait taxer de « folle jalouse » par le manipulateur dès qu’elle lui fait part de ses doutes.
Conditionnée à culpabiliser, Sophie finit toujours par s’excuser, et à promettre de ne plus importuner son compagnon qui prend des airs outragés.
Après ces épisodes, Hervé abuse de la gêne qu’il a réussi à provoquer chez sa femme, et il lui fait payer l’insolence de l’avoir soupçonné. Il profite de son embarras pour lui imposer des comportements abusifs, et des pratiques sexuelles qu’elle n’apprécie pas.

Hervé « punit » sa femme de ne pas le voir « parfait », à l’instar de l’image infaillible qu’il veut avoir de lui-même.

Hervé est un homme malveillant qui n’hésite jamais à pointer les défaillances « des autres », et à se poser en référent du bien, du mal, et de la vérité.

Ainsi, lorsque Sophie, le prend en flagrant délit avec une autre, il ne reconnaît aucune erreur, et accuse sa femme d’être responsable de sa tromperie ! La faute est projetée sur Sophie.
Elle est accusée « de ne pas être assez douce et gentille », « de ne pas le satisfaire sexuellement », « de l’avoir poussé à la tromper »…

Hervé utilise massivement ses mécanismes de défense pour demeurer « irréprochable » à ses propres yeux.
Il « ne peut » se voir tel qu’il est : fourbe, menteur, lâche, pervers, brutal, irrespectueux, maltraitant… (la liste est encore longue).
Il INVERSE la situation, et projette sur Sophie ses défauts, pulsions, désirs… qu’il ne peut reconnaître.
Hervé attribue à Sophie ses propres caractéristiques. (IDENTIFICATION PROJECTIVE)

Sophie arrive en consultation déboussolée : elle est en proie à un doute épuisant, et à la confusion la plus profonde.
Sophie a fini par CROIRE RÉELLEMENT qu’elle est responsable du dysfonctionnement du couple.
Elle a perdu son libre arbitre et sa capacité à réfléchir avec clairvoyance.
Sous EMPRISE depuis de nombreuses années, elle a fini par assimiler les élucubrations d’Hervé comme étant la RÉALITÉ.
Sophie a été CONDITIONNÉE par le pervers narcissique à ne plus avoir aucun jugement critique, ni réactions affectives appropriées.
Sophie est victime de DÉCERVELAGE.
En intéragissant plusieurs années avec ce mari pervers, Sophie a été contaminée par le système.

2/

Cécile 45 ans, dont le père Roger, est un pervers narcissique accompli de 70 ans, est l’ainée des quatres enfants adultes de Roger.
Elle a osé s’élever contre son père qui a détruit ses deux épouses et manipulé ses enfants et son entourage depuis toujours.
La famille de Roger sait désormais “qui” il est.
Son trouble est flagrant depuis qu’il ne peut plus s’appuyer sur une excellente situation professionnelle, et un pouvoir matériel certain, pour faire ILLUSION.

Sa cour est désormais constituée de personnes sur lesquelles il n’aurait jamais daigné baisser les yeux auparavant : ses “amis fidèles” ont disparu, et l’entourage, autrefois flamboyant, est devenu la “cour des miracles”.
Cécile a osé s’opposer à son père, dénoncer ses comportements pervers, et couper les ponts.
La rebellion de Cécile est insupportable pour Roger.
Il a toujours considéré ses femmes et ses enfants comme des POSSESSIONS qui lui devaient soumission et respect. (Sans envisager une seconde, que la réciprocité en matière de respect puisse exister…).
Cécile qui lui renvoie une image désastreuse (mais réaliste…) de lui-même, suscite une haine qu’il ne contient plus.
Il lui envoie un SMS :

“Je te savais malade, mais pas à ce point. Tu m’accuses de tous les maux qui sont les tiens. Change de psy. Tu es née conne et tu mourras conne, détestée de tout le monde y compris de tes enfants.”

Ce délicat message (…) qui illustre à peu près tous les mécanismes pervers (transgression, clivage, déni, projection, disqualification, culpabilisation, menace…) est une INVERSION totale de la réalité, puisque c’est bien Roger et non Cécile, qui a un trouble de la personnalité, et qui a fait le vide autour de lui!

Si Cécile n’avait pas travaillé sur la “reprogrammation”, qui lui a permis d’apprendre à se mettre au coeur de sa vie, à gagner en confiance, en estime et en affirmation, elle n’aurait pas été capable d’appréhender cet épisode avec autant de distance.
Elle n’aurait pas perçu la manipulation inouie derrière ce message haineux, et aurait été déstabilisée, blessée, voire anéantie, par les mots d’un père qui lui a servi de reférent toute son enfance…

CONCLUSION :

Capable de nier la réalité face à une preuve irréfutable, le pervers est un tyran faux et destructeur, qui bafoue toutes les règles que les personnes seulement névrosées se posent en général.
Jouissant d’un pouvoir démesuré sur celui ou celle qu’il parvient à mettre sous emprise, le manipulateur s’acharne à emmêler la pensée de sa victime dans un fatras de considérations folles.
Brouiller la communication, en s’attachant à la forme (et pas au fond), trouver des parades pour faire dévier la conversation sur des considérations affectives (“tu vois , tu ne maimes pas”), évoquer un autre sujet qui n’a rien à voir, tourner les talons, refuser le dialogue (en arguant “que ce n’est pas le moment”, “pas la priorité”…), regarder ailleurs en chantonnant…etc, autant de tactiques verbales et non verbales (communication perverse), qui permettent au manipulateur destructeur de ne JAMAIS faire face à ses comportements inacceptables.
Il en est incapable.
Ses mécanismes de défenses, contribuent à le maintenir dans un état limite, invisible de l’extérieur, et cependant très proche de la folie.
Pour le pervers, l’Autre n’est qu’un OBJET (d’abord miroir/faire-valoir, puis poubelle psychique/paillasson/bouc-émissaire) qui n’a pas d’identité propre.
Cet objet n’est intéressant que tant qu’il est UTILE.
Pour le maintenir dans un état de SOUMISSION, le pervers utilise des mécanismes qui progressivement coupent sa victime de la REALITÉ.
Elle n’a plus conscience de ce qui est juste ou pas, bon ou mauvais pour elle.

Les intéractions avec un PN entraînent donc la proie dans une spirale infernale où elle croit devenir folle.
Si elle ne sombre pas dans un état de sidération inquiétant, elle peut basculer dans la violence qu’elle dirige contre son bourreau ou contre elle-même.
(Ce qui permet au manipulateur de prouver sa “fragilité psychologique”.)

Noyée dans un système dans lequel elle intéragit EN RAISON DE SES PROPRES FAILLES, elle ne parvient pas « à lâcher », et à échapper à la relation.
Elle y demeure, entre colère, confusion, tristesse et ruminations, essayant de se convaincre ponctuellement qu’elle « se fait des idées ».

INSIDIEUSEMENT PLONGÉE DANS UN ÉTAT QUASI SCHIZOPHRÉNIQUE , LA VICTIME DU PN SE RETROUVE PORTEUSE DE SA FOLIE.

Racamier (Psychiatre psychanalyste, “Les perversions narcissiques”) est le premier à avoir dit : “cette pathologie est chez l’un, mais s’exprime chez l’autre”.

A l’instar de Cécile qui appris à se faire confiance, et à rejeter les manoeuvres malsaines de son père, il est utile de travailler sur ses FAILLES lorsqu’on a vécu une relation avec un manipulateur malveillant.

Que ce soit un parent ou un conjoint.

Les blessures d’enfance font le lit de la relation perverse, et il est INDISPENSABLE de se remettre en question et d’envisager un travail sur soi, lorsqu’on a intéragi avec un pervers.
Il est d’ailleurs courant que le schéma relationnel délétère se répète lorsque la victime ne prend pas conscience du caractère extrèmement malsain de ce qu’elle vit, ou a vécu.

Accepter qu’on ait pu prendre part à la folie du fonctionnement pervers, afin de pouvoir s’en extirper de la manière la plus consciente possible, est la clé de la libération.
Continuer à intéragir dans des relations toxiques et perverses, lorsqu’on les a identifiées comme telles, signifie donc être responsable de son propre malheur.
En effet, une personnalité perverse ne change pas (il s’agit d’une structure et non d’un trait de caractère), et c’est à celui qui a accepté ce fonctionnement un temps, de se remettre en question.
La victime, généralement seulement névrosée, est capable de ce travail d’introspection… même s’il faut beaucoup de courage et d’intelligence pour entreprendre cette démarche libératoire.

Le processus, largement facilité par un accompagnement en séance, permet aux anciennes victimes de clarifier leur situation, d’identifier leurs forces et leur fragilités, et de travailler sur une sorte de résurrection.
Petit à petit la victime sort de la prison psychique dans laquelle elle a été enfermée, et échappe à l’ingrat statut de victime/complice, pour redevenir elle-même.

Dans le cas d’une relation perverse, le travail d’accompagnement doit être adapté à cette problématique spécifique.

C’est ce que je propose, en associant une approche psychanalytique et un processus dynamique de coaching.
Si à moyen terme, l’objectif est une véritable renaissance, à court terme, (dès les premières séances) la personne accompagnée ressent un mieux-être précieux au quotidien.

« Si la folie existe plus qu’on ne veut bien le croire ou le dire, si elle se dérobe au discernement sous de fausses apparences de normalité, il est néanmoins possible de la repérer, de s’en protéger, et de s’en dégager ».
(Saverio Tomasella « La folie Cachée »)

 

 

PAR CELINE VALENTIN